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J’ai rêvé un jour comme tout artiste de variété de monter sur les planches de l'Olympia de Paris.
Mon histoire avec cette salle mythique commence en 1985.
Je prenais des cours d'art dramatique qui se donnaient
aux étages du dessus.
Hormis les professeurs attitrés,
différents comédiens apportaient leur soutien pour
aider à l'expansion de l'école Joséphine B :
Niels Arestrup, Annie Girardot, Philippe Léotard,
Hugues Quester et d'autres encore.
Nous étions une bande de jeunes gens, nous rêvions de devenir
des acteurs de cinéma
et de théâtre.
Les cours duraient plusieurs heures par jours et plusieurs jours dans la semaine.
Un matin, je demande à mon inséparable camarade Moreau:
-"Tu sais où se trouve la grande salle de spectacle?»
-"C'est en bas, tu vois cette porte?"
-"Celle là au fond ?"
-"Oui celle-ci et bien t'a plutôt intérêt de ne pas la prendre, sinon t'es virée sur l’ champs."
-"On tombe dans la grande salle?"
-"Oui quand t'arrives en bas, y a une double porte, tu l'ouvres et t'y es."
_"J'aimerai bien la voir depuis le temps que tout le monde en parle!"
-"Tu comprends pas ce que je viens de te dire, si on t'attrape t'es virée sur l’ champ, t'es dure de la feuille toi!"
-"Et si on m'attrape pas?"
-"Pense à aut'chose, c'est mieux."
Un matin je n'ai pas pu résister,
il y avait un escalier j'u suis descendu il n'y avait aucun bruit pourtant les lumières du couloir étaient allumées.
en bas je vis la double porte dont Moreau m'avait parlé.
La grande salle semblait déserte, aucun son de musique ne retentissait,
j'y suis entrée.
Il y avait une grande allée bordée de strapontins, les veilleuses de chaques sorties de secours étaient allumées ainsi que la balladeuse sur scène qui se trouvait derrière l'immense rideau bordeau.
La scène paraissait giganstesque.
J'imaginais tous ces illustres artistes qui s'y étaient produit: Jacques Brel, Edith Piaf,
Les Beatles, Raymond Devos, Georges Brassens, Claude Nougaro, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour, Bourvil, Jimmy Hendrix et tant d'autres.
J'imaginais des murmures, des échos de chansons et des applaudissements. Je regardais autour de moi, la pièce était immense, j'avais à la fois peur et je me sentais bien.
Je me fichais qu'ils se rendent compte de mon absence là -haut. Je me suis assise sur un fauteuil un instant, une vive émotion m'étreigna puis Je me suis allongée à terre dans la pénombre m'imprégnant du grand silence céleste de cette salle mythique et me suis endormie.
Plus tard un homme de taille moyenne me réveilla à coup de pieds dans les pieds, il n'avait pas l'air content de me voir là :
-" Qu'est ce que vous faites là?"
Il présuma que j'étais une élève du cours de théâtre.
-"Ce n'est pas un lieu pour dormir ici et là -haut
je leur ai dit qu'aucun des élèves n'avait le droit de
descendre!"
Il semblait furieux, je réajustais mes vêtements et
me relevais:
-"Ecoutez, ne le dites à personne parce que sinon
ils vont me virer de l'école et j'ai pas envie de partir..."
Nous sommes allés dans le couloir qui mène à l'escalier
-"Que je ne vous retrouve plus là parce que la prochaine fois.."
-"Il n'y aura pas de prochaine fois monsieur"
-" Moi c'est monsieur Monnier, allez file et que je ne te revois pas!"
-"Oui monsieur Monnier, merci monsieur Monnier."
Je montais les escaliers deux par deux, je réintégrais le cours qui s'en allait sur sa fin.
Moreau me dit:
-"Mais t'es complètement barrée ou quoi, où étais tu?
Qu'est ce que tu foutais? C'est plus fort que toi t'es descendu dans la salle? Hein t’es descendues?"
-"Oui j'y suis allée et après, c'est génial,je me suis même endormie, un bonhomme m'a réveillé, tu connais monsieur Monnier?"
-"T'es tombée sur la tête c'est le concierge du théâtre, c'est pas un drôle et il t'a laissée partir sans rien dire?"
"Presque... mais il m'a dit qu'il dirait rien... à la condition que je ne revienne pas sinon il me dénoncerait"
-"T'as plutôt intérêt à faire ce qu'il t'a dit parce que sinon t'es virée et pour de bon cette fois-ci!"
-"Mais dis moi, c'est tout le temps vide comme ça?
Et les chanteurs? Ils viennent que le soir?"
-"Mais non!! Ils répètent quelquefois l'après-midi."
-"L'après midi? Et le matin??? Qu'est ce qu'ils font? Ils dorment?!!!"
-"Tu t'imagines pas qu'ils viennent le matin, ça dort les chanteurs!"
Malgré l'avertissement de monsieur Monnier, je me suis de nouveau planquées derrière les fauteuils du fond de la salle, j'y ai vu quelquefois des répétitions en milieu d'après midi. Il m'a de nouveau attrapé:
-"Mais tu as la tête dure, tu ne comprends pas ce que je t'ai dis la dernière fois?"
-"Non, j'aime venir là et regarder ce qui se passe, même quand il se passe rien, ça me calme, Je me sens mieux."
Surpris par ma réponse il me demanda mon prénom et mon âge.
-"Stephend, je vais avoir 21 ans."
-"Alors comme ça tu sens mieux d'être là,il y a pourtant un petit théâtre là -haut?"
-"Oui mais ce n'est pas le même, je préfère celui-ci, il est plus grand, il y a plus de place et l'histoire n'est pas la même."
-"Oh mais celui de là haut a aussi de belles histoires, tu les ignores c'est tout!."
Il me demanda ce que je comptais faire avec tous ces cours de théâtre.
-"J 'en sais rien, parfois je m'ennuie pendant les cours du matin avec le prof régulier, je préfère lorsqu'ils sont donnés par les comédiens célèbres, c'est plus captivant, c’est comme être ici maintenant.
Un jour je me produirai sur cette scène."
Il se mit à rire.
-"Mais il n'y a pas de pièces de théâtre qui se jouent ici!!!"
Je haussai les épaules :
-"Et bien je ne jouerais pas de théâtre,
je chanterais."
Nous avons ri ensemble.
Je suis fréquemment revenue dans la grande salle monsieur Monnier ne m'a jamais plus disputé. Lorsqu'il passait dans l'allée, discrètement il me disait:
-"Ca va aujourd'hui?"
Puis il repartait.
Après que les répétitions soient terminées,
je remontais au cours.
Monsieur Monnier est reparti depuis tout là haut dans le ciel
et lorsque je pense à l'Olympia, c'est aussi lui que je revois.
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